Bulletin Magnificat n°145 – Pâques 2019

La vie est là

Chers amis,
Demander à la trésorière d’une association d’écrire l’éditorial est bien risqué, car, en effet, comment éviter les chiffres pour retenir l’attention du lecteur ?
C’est donc cet exercice bien délicat que je vous propose.

Anne-Claire, dans son article, vient vers vous pour vous rappeler avec délicatesse que nous vivons uniquement grâce à vos dons. Quant à moi, je voudrais parler d’un autre trésor, celui des mamans que nous accueillons et de leurs enfants. Voilà une belle richesse ! « Il n’y a de richesse que d’hommes » (Jean Bodin)

Merci à ces mamans qui arrivent dans nos Maisons avec leur histoire, bien souvent chaotique, mais qui ont le courage de dire « oui » à la vie et nous font confiance. Elles témoignent ainsi que la vie est une richesse qu’il faut conserver.
N’oublions pas aussi, chers amis, les éducatrices qui se relayent avec sollicitude auprès des mamans prouvant ainsi que la vie est précieuse et demande du soin.
Voyez-vous, les trésors ne manquent pas et, dans son Hymne à la vie, Mère Teresa les décline sous tous ses aspects.
Alors, en cette période de Pâques, unissons nos prières, nos efforts et nos dons, pour redire avec Mère Térésa : « La vie est la vie, défends-la. »
Agnès Alibert

La vie est la vie !

Sainte Mère TeresaLa vie est beauté, admire-la
La vie est félicité, profites-en
La vie est un rêve, réalise-le
La vie est un défi, relève-le
La vie est un devoir, fais-le
La vie est un jeu, joue-le
La vie est précieuse, soigne-la bien
La vie est richesse, conserve-la
La vie est amour, jouis-en
La vie est un mystère, pénètre-le
La vie est une promesse, tiens-la
La vie est tristesse, dépasse-la
La vie est un hymne, chante-le
La vie est un combat, accepte-le
La vie est une tragédie, lutte avec elle
La vie est une aventure, ose-la
La vie est bonheur , mérite-le
La vie est la vie, défends-la
Mère Teresa

Asso active

Faire connaître notre association !

Déléguée générale de Magnificat – Accueillir la Vie depuis plus d’un an, j’ai à cœur de faire connaître notre association.
Au vu de l’étude de notre fichier de donateurs, je me suis aperçue que nous étions peu connus dans une vingtaine de départements.
De plus, la détresse semble être partout à nos portes et, pourtant, nos maisons d’Accueil Maternel gagneraient à être encore plus connues des jeunes femmes enceintes en difficultés.
C’est pourquoi, je propose à chacun de vous, lecteur, ami, donateur, de devenir autour de vous les ambassadeurs de Magnificat – Accueillir la Vie, afin de sensibiliser votre entourage à notre mission : la défense du Tout Petit envers et contre tout !

Devenons tous ensemble les acteurs du développement de Magnificat !

En ce temps de Carême, vous pouvez donner libre cours à votre imagination pour faire connaître notre mission en organisant une manifestation à notre profit (voir l’article de Sandrine Lamy) ; vous pouvez aussi mettre en place la quête pour la Mère et l’Enfant dans votre ville, aux abords de votre paroisse, lors de la prochaine Fête des Mères, ou y participer si elle existe déjà ; pour cela, il convient de vous rapprocher de l’AFC locale, habilitée à quêter ce jour-là. Un grand nombre d’AFC quêtent pour Magnificat à cette occasion (pour connaitre la marche à suivre, voir le
site des AFC ou appeler notre secrétariat au 02 47 61 05 94).

Ainsi, un concert sera organisé à notre profit, à Tours, le 21 mai prochain à 20h30, salle Ockeghem ; nous y entendrons Isabelle La Jeunesse, cantatrice, accompagnée au piano par Marguerite-
Marie Suisse de Sainte Claire (secrétaire de notre association). Nous espérons y rencontrer de nombreux Tourangeaux !

Enfin, nous sollicitons toujours votre générosité financière car, sans argent, notre action auprès des Mamans ne peut se poursuivre durablement. En effet, en ce début d’année 2019, les changements dans la fiscalité ont de forts retentissements sur nos finances et pourraient avoir, à terme, des conséquences néfastes. Alors, que de nouveaux donateurs se lèvent !

Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que  vous l’avez fait. Mt 25, 34-40.
Anne-Claire Gotte, Déléguée générale

Dernière minute

Pour des raisons personnelles, Jean Pénaud a souhaité être relevé de sa fonction de Président de l’association Magnificat. Solange Pénicaut lui succède, en tant que Présidente par intérim.

Vie de la maison de Laval

Comment réussir sa vie ?

Comment réussir sa vie ? C’est souvent une vraie question, voire un rêve perdu.
C’est ce que l’on entend par fois dans la bouche des femmes qui nous appellent pour un temps d’écoute, lorsqu’elles apprennent leur grossesse, ou avec les mamans que nous accueillons.
Mais qu’est-ce que réussir sa Vie ? Et comment la réussir, maintenant, avec ce bébé qui arrive ?
Jeanne Larghero, dans son livre À une jeunesse qui cherche le chemin du Bonheur, nous dit qu’une vie réussie se mesure à son rayonnement ; à notre capacité à faire reculer le mal, le désordre, le chaos, à réparer ce qui a besoin d’être guéri, à réinsufflerde la Vie dans ce qui semblait voué à s’éteindre.

Voilà tout à fait le « programme » de notre association Magnificat – Accueillir la Vie ! Oui, réinsuffler de la Vie dans ce qui semblait voué à s’éteindre, c’est un vrai défi, un pari qui doit être
pris et tenu sur le long terme. Par fois, le chaos règne depuis tellement de temps dans le cœur de celle qui a pourtant le courage de demander de l’aide, qu’il nous faudra du temps pour relire avec
elle sa vie et trouver un ancrage afin de l’aider à puiser la force pour chaque jour. Ceci est notre accompagnement avec les Mamans, pour chaque petit pas vers la paix et la stabilité intérieure. Les témoignages des donateurs, les rencontres avec ceux qui donnent de leurs talents (tricoteuses, couturières, Misha l’artisan créateur de jeux en bois, nos quêteurs pour la fête des Mères, nos jardiniers, etc.) sont des élans du cœur importants pour ces femmes qui s’émerveillent face à cette générosité gratuite et inconnue à leur égard.

En cela, elles se sentent alors tout simplement considérées pour ce qu’elles sont. Ce rayonnement est possible pour chacun de nous. Nous pouvons nous réjouir ensemble et réunir nos forces communes afin de nous ouvrir aux autres. Les uns parce qu’ils veulent aider par leur don, les autres parce qu’ils souhaitent faire des actions ponctuelles pour Magnificat (organiser des événements, lotos, soirées, promouvoir l’association lors d’une fête avec la tenue d’un stand, d’une voile MAGNIFICAT lors de courses de bateaux…), faites-nous connaître vos idées afin de réunir les personnes motivées pour mettre en oeuvre leurs actions.

C’est en donnant que l’on met de la Vie partout où l’on passe, voilà la certitude d’une vie réussie ! Que Magnificat vive des élans du cœur.
Sandrine Lamy, éducatrice

Paroles de Mamans

Les points primordiaux pour réussir ma vie c’est :

  • Être en capacité de pouvoir toujours répondre aux besoins de ma fille (sans avoir cette sensation de la priver) ; lui donner une famille, ce que je fais avec Magnificat où j’ai trouvé des
    proches ; avoir un emploi stable et dépendre le moins possible des autres.
  • Mettre toutes les chances de mon côté, avoir un petit chez moi et m’occuper de ma fille.
  • Accepter d’être heureuse sans avoir réussi ce que l’on s’était fixé.

Bonne année d’une ancienne

Fougères, le 05.01.19
Magnificat, bonjour !
Une belle année 2019 à toutes et chacune dans ses désirs secrets (si tant est qu’ils vous fassent grandir, bien sûr !).
2019, ça sonne bien je trouve.
S’accrocher à ce qui nous tient à cœur pour élaborer pas à pas un projet de vie en toute conscience. Un projet qui tient la route, une route qu’on soit prête à emprunter, un combat toujours plus rude au quotidien pour des joies toujours plus profondes et authentiques.

Voir mes enfants grandir : un soleil qui s’épanouit chaque matin !
Des objectifs de journée d’abord, puis de semaine, de mois et le château se construit doucement mais sûrement. J’ai une devise à vous proposer, concernant l’exigence qu’il me semble être
bon d’avoir envers soi-même : « Lève-toi avec détermination et couche-toi avec satisfaction ! »
Maintenant, anda siempre màs lyos. Plein de bonheur à toutes, et une année remplie de rencontres (joyeuses et qui nous bottent le cul, selon notre besoin personnel).
Grosses bises de nous trois
Thaïs, Lilas, Lucie

L’esprit de Noël

Noël n’est pas seulement un jour ou une période. C’est un état d’esprit qui peut se décrire avec ces mots : famille, joie, partage.
Et c’est cet état d’esprit que nous avons retrouvé à Magnificat pour la fête de Noël. Toutes les personnes de la Maison étaient bienveillantes les unes envers les autres : petites attentions, paroles de réconfort… Cet état d’esprit devrait être présent chaque jour de l’année, et pas seulement à Noël.
Pour nous préparer à Noël, pendant le mois de décembre, chacune a tiré le prénom d’une autre pour être « son ange ». Ça nous a permis de faire plus attention à une personne en particulier. Et, le 18 décembre, lors du repas avec les Amis de la Maison, nous avons découvert qui avait veillé sur nous. Ça a été un très bon moment, drôle et rempli d’émotions. Certaines ont été très surprises de la révélation de leur ange gardien !
Les 24 et 25 décembre ont été des journées très conviviales et on se sentait comme en famille.
Les éducatrices n’étaient pas obligées de faire tout ce qu’elles ont fait pour nous car, « être éducatrice », c’est seulement leur métier, mais elles le font avec amour. Chacune a reçu des cadeaux selon ses goûts et ce qu’elle aime.
«”En cette fête de Noël avec des personnes exceptionnelles, j’ai été émerveillée par toutes ces personnes attentionnées. Et quand je suis partie me coucher, sur mon oreiller, j’étais toute ensoleillée.”
Les Mamans de la Maison de Laval

Maison Magnificat de LigueilVie de la Maison de Ligueil

Le bonheur, une utopie ?

Début 2017 : je suis en couple, je travaille depuis ma majorité, j’ai mon premier appartement à 19 ans et, à 24 ans, j’ai décidé de reprendre mes études : un BTS en accéléré en un an, dans le commerce, pour monter en grade. Je n’avais jamais été au chômage plus d’un mois, sauf le temps de passer d’un contrat à un autre plus intéressant. Indépendante, mais beaucoup de fierté, je dois l’admettre : je refuse de compter sur les autres, de demander de l’aide, on ne peut faire confiance qu’à soi-même. Je suis membre d’une famille « bien comme il faut », ce qui sous-entend que ma famille est exemplaire et idéale aux yeux extérieurs.

En fin de formation, je découvre que je suis enceinte. Tout va bien, c’est ce que le père voulait, je suis responsable de moi-même depuis très longtemps, dans ma tête j’ai bien plus que 24 ans.
J’ai mon appartement, un chéri, et même un futur contrat qui m’attend ; sinon, au pire, il me reste deux ans de
chômage… je suis large! Je ne tiendrais pas un mois sans travailler de toute façon, je me dis que je vais accoucher et puis, hop !
Faut pas perdre le rythme, au boulot ! Alors, qu’est-ce qu’une fille comme moi vient faire à Magnificat ?
À mon 5e mois de grossesse, un mois avant mon examen final de BTS, via les réseaux sociaux, je découvre que l’homme avec qui je cherche un prénom pour
notre fille, avec qui je cherche un appartement plus grand pour notre enfant, bref, cet homme impliqué avec qui je me projette… est déjà marié.

Pas le temps d’accuser le choc, vite, instinct de survie, il faut trouver une solution pour le bébé, qui devient mon bébé.

Plus haut, je dis que je viens d’une famille bien comme il faut : je me tourne vers elle, mais, pour ne rien changer… il ne faut compter que sur soi-même.
Surtout que c’est une honte d’être enceinte d’un homme marié. J’avoue en avoir eu honte moi-même. Eh oui, je ne savais vraiment pas. Voilà, encore une fois, je suis seule. Et là, seule pour de vrai. Car, les autres fois, il y avait Dieu, mais là, je suis enceinte d’un homme marié, même si je ne savais vraiment pas, ça reste un adultère. Je suis seule, mais je me dis, au moins, j’ai un toit, un futur
contrat… Et puis, non : est-ce que cela suffit pour élever un enfant ? Pour qu’il soit équilibré émotionnellement ? Après avoir subi toutes sortes d’abus et de violences, des blessures et des traumatismes enfouis… ? Je vis pour survivre, et encore, j’y arrivais par la grâce de Dieu. Mais, maintenant, je dois lui faire horreur, l’Eternel est ma force, mais je ne l’ai plus. Comment me relèverai-je, si je n’ai plus de force ? Quelle éducation donner à cette enfant ? Vais-je lui apprendre que le monde est dur et qu’on vit pour survivre, que le bonheur est une utopie ?
Qu’ai-je à lui offrir ?

Autant de malheurs et de tourments en 24 ans seulement, il semblerait que je sois maudite… Alors je vais la faire adopter. En espérant que la malédiction ne soit pas génétique. Je voudrais qu’elle croie que la vie est belle, qu’elle vive, qu’elle soit normale, comme les autres. Puis non… il doit bien y avoir une solution, je ne supporterais pas de savoir mon enfant quelque part sur terre mais pas avec moi, je ne me le pardonnerais pas… Réfléchis, réfléchis… tu peux toujours trouver une solution, il doit y en avoir une ! Et puis, après, on verra.
« Bonjour Madame l’assistante sociale ? Oui je suis enceinte. Non je ne suis pas à la rue. Oui j’ai le droit au chômage. Mais… J’ai besoin d’aide ! » Quelle aide ? Je ne saurais le dire… Je suis perdue, je n’arrive plus à faire face à mes blessures, à mon passé, à tout ce que j’ai subi, à tout ce qui était enfoui jusque-là. Je vais avoir un enfant, et je ne veux pas qu’elle soit malheureuse. Je
me suis dit, je peux être malheureuse, moi, ce n’est pas grave, j’ai l’habitude, mais elle ? Il faut qu’elle soit heureuse ! Mais cette équation ne fonctionne pas : si je ne le suis pas, elle ne peut pas l’être. Je ne veux pas qu’elle grandisse près de cette famille toxique.
L’assistante sociale : « Pour aider, il faut intégrer un foyer, et pour intégrer un foyer, Mademoiselle, il faut avoir un danger dans la relation mère-enfant, en avez-vous un ? » Non. « Alors vous n’avez pas votre place en foyer, donc je ne peux pas vous aider. »
Allo SOS femme enceinte. Crise d’angoisse, j’étais à bout de nerf, quel avenir pour mon enfant, comment le rendre heureux ? Je n’en pouvais plus, j’étais au maximum de ma souffrance et de ma
force. J’étais trop seule. Elle m’a écoutée, j’avais juste besoin de ça, être écoutée ! Elle m’a donné différents contacts de foyers et de maisons d’accueil et, dedans, il y avait Magnificat.

J’ai regardé les autres mais je n’y trouvais pas ma place, cela ne me correspondait pas du tout. Je suis allée sur le site de Magnificat, j’ai lu, ça me semblait trop beau pour être vrai, je l’ai décortiqué, épluché… Mais le témoignage d’une maman en vidéo racontait ce que la Maison avait changé dans sa vie, ce que cela lui avait apporté pour elle et son bébé, un changement intérieur.
Elle utilisait des mots au passé pour elle qui se conjuguaient au présent pour moi. À Magnificat, on travaille à son bonheur, on prend soin de soi-même, on a le temps d’accepter son histoire et d’apprendre à vivre heureux. Le témoignage de cette maman m’a redonné un petit peu d’espoir : ça peut être vrai ? Je peux sortir de ce tourbillon, et connaître ce que je n’ai jamais connu ? Vivre pour vivre ! Et c’est le cas, j’ai appelé à l’aide ! Je suis arrivée à la Maison le 31 mars 2017… le lendemain de mes résultats d’examen. J’ai cette vision où je souffle enfin car, tout ce temps, c’est comme si je retenais ma respiration…
L. G.

Le bonheur, le vrai, met du temps à arriver

« Ancienne Maman, j’ai quitté la maison en 2016, six mois après la naissance de mon fils Evan.
Je me posais beaucoup de questions sur comment me retrouver seule avec mon enfant. Bien évidemment, je savais pertinemment que je pouvais compter sur la Maison en cas de panique, de peur.
Partie de la Maison, mes premiers jours seule ont été difficiles, j’avais plein de projets en tête, mais par où commencer ?
Et, surtout, est-ce que je serais capable d’élever seule mon fils ? Une fois que mes craintes se sont estompées, j’ai pu commencer une formation de six mois d’assistante de vie aux familles (auxiliaire de vie). Durant ma formation, j’ai pu compter sur le soutien de la Maison qui prenait souvent de mes nouvelles. Ceci m’a motivée ! Je suis même revenue deux semaines à Magnificat, car je devais effectuer un stage en école maternelle. Avec Marine, on a trouvé une solution pour garder Evan. Pendant mon stage, je vivais à la maison avec les autres mamans, cela me faisait du bien car ça cassait cette routine « formation – maison – dodo »…

En décembre 2016, j’ai obtenu mon titre professionnel et c’était le début d’une longue série de combats victorieux. En effet, je n’avais ni le bac, ni le brevet, mais juste un titre professionnel. J’ai fait part de mon projet d’intégrer l’Institut du Travail Social de Tours pour passer le concours d’Accompagnant Éducatif et Social. J’étais très emballée, mais j’avais aussi très peur car il fallait passer un concours (ma crainte !). Soutenue dans mon projet, j’ai passé mon concours et je l’ai eu ! S’en est suivi un an d’études très intenses. J’ai vu plein de mes collègues de formation abandonner et j’ai failli faire pareil… J’ai effectué un stage dans une structure où j’ai été un peu malmenée et je n’en pouvais plus. Pourtant, c’était le dernier stage à faire avant l’examen final. J’ai contacté la Maison, j’ai parlé de mon problème et on a trouvé une solution : finir mon stage à Magnificat.

Comme c’est une maison d’accueil, ça rentrait tout à fait dans les critères de ma formation en termes de pratique. J’ai eu comme tutrice de stage la maîtresse de Maison Catherine, avec qui ça s’est bien passé.

J’ai donc réalisé mon projet d’animation dans la Maison et j’ai pu me présenter à l’examen final ! Aujourd’hui, je suis diplômée et je travaille pour l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de l’Indre (36). Depuis, j’ai déménagé, je vis en couple et je suis très heureuse ! La Maison est venue me voir il n’y a pas longtemps chez moi, nous avons partagé un
bon moment.

Ne jamais cesser d’espérer. En étant chrétienne ou même pour ceux qui ne le sont pas : tant qu’il n’y a pas de point dans ta vie mais que des virgules, cela veut dire que tu peux continuer à avancer ! Le bonheur, le VRAI, met du temps à arriver. Par contre, lorsque qu’il est là, tu en profites pour un bon moment ! Je n’avais rien, mais vraiment rien, et aujourd’hui j’ai un enfant que j’aime tellement, j’ai un diplôme que je ne me sentais pas capable d’avoir, j’ai eu mon permis de conduire et je travaille ! Mon merci je me le dois, mais je le dois aussi à Magnificat !

Merci Anne, Aurore, Annie, Catherine, Marine, Thérèse ! Sachez que Magnificat ne vous abandonne pas : tant que vous en avez besoin, elles seront là !

Je ne vous l’ai jamais dit, car pour moi ce mot est un mot dur et fort dans sa complexité…
mais aujourd’hui je suis prête : je vous aime toutes ! Merci, que Dieu vous bénisse.
On a choisi la vie.
Sarah et Evan

Un regard neuf

Éducatrice depuis un mois et demi à la maison Magnificat, je perçois progressivement le sens de ce travail bien particulier, très différent des foyers où j’ai déjà travaillé.
L’accueil chaleureux et familial m’a tout de suite touchée, ainsi que le climat serein et bienveillant – je n’y ai pas
souvent été habituée ailleurs.

Je suis agréablement étonnée de voir enfin une équipe soudée. La bonne humeur, l’attention discrète à chacune, la communication, le respect, l’écoute attentive, participent à une bonne cohésion. Je crois que je vois pour la première fois une cohérence dans notre travail, avec une même volonté d’accompagnement de qualité. Les mamans sont en effet au cœur de notre travail, et je dois dire que ça n’est pas courant ailleurs. Je sens réellement une disponibilité et un souci d’être là pour les mamans avant tout. Alors, je suis contente de voir un investissement dans lequel la
qualité est recherchée et non la rentabilité.

Je mesure également la part de difficulté dans ce travail, qui s’inscrit dans le temps. En privilégiant la qualité et non le résultat, la Maison laisse une véritable liberté aux mamans : elle leur permet d’aller à leur rythme et de laisser venir les choses en temps voulu. C’est une richesse pour les mamans de ne pas avoir de date butoir qui pourrait les crisper. Mais je vois le travail de patience et de persévérance à mener dans chaque moment du quotidien. Tout instant, toute discussion, toute réaction comptent, et participent peu à peu à un travail qui s’inscrit dans le temps, sans qu’on le voit vraiment dans l’instant.

Je me saisis de mes expériences professionnelles précédentes pour les ajuster à une nouvelle forme de travail éducatif ici. Cet accompagnement très subtil nécessite en effet d’avoir auparavant travaillé en foyer et de s’être approprié les rouages du travail social. Mais je dois également apprendre à adapter tout ça à l’esprit de la Maison, qui sort des sentiers battus du champ social. Comme les mamans qui goûtent à une notion du temps plus élargie, je me donne moi-même le temps de me laisser façonner par cette Maison !
Philippine, éducatrice.