Un parcours de vie… et une surprise inattendue.
Je suis née à Tahiti, d’où je suis originaire. À l’âge de 11 ans, j’ai quitté mon île pour m’installer en France, où j’ai grandi et vécu jusqu’à mes 29 ans. Mon chemin m’a ensuite menée en Turquie pendant plusieurs années, avant de revenir en France à la fin de l’année 2025 pour vivre ma grossesse. Aujourd’hui, j’ai 37 ans et je suis déjà maman de trois enfants. Et bientôt, deux petits bébés viendront agrandir la famille.
Cette grossesse, je l’ai découverte d’une manière assez inattendue. Tout est parti d’une odeur. J’ai toujours aimé utiliser de l’eau de Cologne pour le ménage, surtout en Turquie où c’est très courant. Mais un jour, alors que j’étais dans la cuisine, une odeur m’a semblé incroyablement forte, presque envahissante, alors qu’elle venait du salon, à plusieurs mètres. En allant voir, mon mari m’a simplement dit qu’il en avait mis un peu sur ses mains. C’est là que j’ai compris : mon odorat avait changé. Un test de grossesse est venu confirmer mon intuition… et un mois plus tard, l’échographie a révélé la surprise : ils étaient deux.
Quand on m’a annoncé que j’attendais des jumeaux, ma réaction a été très simple. Ni panique, ni grande euphorie. Juste un moment pour réaliser, une question pour être sûre… puis cette phrase : « Bon, eh bien, il y en a deux. » Une acceptation presque évidente.
Se faire confiance avant toute chose
Avec déjà trois enfants, je ne m’imaginais pas forcément revivre tout cela. Je pensais à l’avenir, au temps qui passe, à une autre organisation pour ma vie. Mais face à cette grossesse, je n’ai jamais envisagé d’avorter, à la fois par conviction et parce que, tout simplement, je n’en avais pas envie.
Autour de moi, les réactions ont été plus compliquées. Beaucoup ont exprimé leurs doutes, leurs peurs, parfois même leurs jugements. Certains m’ont conseillé d’arrêter cette grossesse. Mais au fond de moi, la décision était claire. J’ai choisi d’avancer, à mon rythme, avec ce que je ressentais.
Plus jeune, je me voyais pourtant vivre autrement : carrière, voyages, indépendance. Puis un jour, l’idée de ne peut-être jamais pouvoir avoir d’enfant m’a fait réfléchir différemment. La vie a suivi son cours, et je suis devenue maman. Aujourd’hui encore, je ne sais pas vraiment si j’aime “être maman” en soi, ou si c’est simplement l’amour immense que je porte à mes enfants qui guide tout. Peut-être un peu des deux.
Trouver un endroit où se poser
C’est en cherchant une maison maternelle que je suis tombée sur Magnificat. Le contact a été simple, rapide, humain. En quelques échanges, j’ai pu expliquer ma situation et tout s’est enchaîné naturellement. Quelques jours plus tard, j’étais là.
Très vite, je me suis sentie bien. Dès le lendemain, je savais que j’allais rester. Ici, j’ai trouvé quelque chose de rare : un cadre rassurant, basé sur la confiance, la compréhension et un véritable accompagnement dans toutes les dimensions de la vie.
Depuis l’annonce des jumeaux, je vis cette grossesse sereinement. Comme souvent pour moi, je n’ai presque pas de symptômes, si ce n’est un odorat très développé… et quelques envies surprenantes, comme ce curieux duo avocat et banane.
S’il y a un message que j’aimerais transmettre aux futures mamans, ce serait de ne pas se laisser envahir par le stress extérieur. Se recentrer sur soi, sur ce qui fait du bien, sur son bébé. Une grossesse vécue dans le calme change beaucoup de choses pour la suite.
Enfin, j’espère sincèrement que des lieux comme les maisons d’accueil Magnificat continueront d’exister encore longtemps parce qu’ils apportent bien plus qu’un accompagnement : ils offrent un espace de confiance, porté par des personnes profondément humaines comme Caroline et Dorine, les accompagnatrices sociales et familiales. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin pour avancer.
Pour moi, cette association représente trois mots : confiance, compréhension, accompagnement.
Turaia
