Elle est primordiale. Si Magnificat accueille des jeunes femmes issues de tous les milieux, c'est que la première détresse est la solitude affective. Il faut pouvoir parler, confier ses angoisses, ses incertitudes, ses questions.
Aujourd'hui, avec "CE PETIT ", elles sentent qu'elles doivent se préparer à s'engager. Si elles finissent par décider de garder leur enfant, elles ont conscience de la responsabilité que cela implique. Elles prennent conscience du rôle qu'elles auront vis à vis de bébé, soit comme futures mères qui doivent se préparer à imaginer pour lui un avenir, soit comme futures accouchées qui doivent conduire cette grossesse à son terme en vue d'une adoption, qui va devenir progressivement un ressort nouveau dans leur vie. Elles sont déjà responsables de quelqu'un : l'enfant demande sécurité, stabilité matérielle, épanouissement , joie, paix, en un mot un grand AMOUR à toute épreuve. Très réalistes, elles se tournent vers ceux qui peuvent les aider à devenir MÈRE : confiantes en elles-mêmes, en l'avenir, elles seront sereines pour l'arrivée de l'enfant.
A 18-19 ans et plus, les jeunes souhaitent quitter leurs parents : vivre son indépendance, prendre sa liberté, décider soi-même de ses actes, de ses choix, de ses amis. Qu'elles soient étudiantes, en recherche d'orientation et de formation, en recherche d'un premier emploi, elles veulent "se décrocher de l'autorité parentale". C'est l'âge du "Je suis grande", "Je sais ce que je fais", "c'est moi qui décide, il est temps". En même temps que ce grand désir légitime de s'affranchir de la famille, de vivre ce départ , l'état de solitude conduit et pousse aux rencontres éphémères, fragiles, trompeuses. Très jeunes, en quête de tendresse, imprégnées de l'ambiance actuelle, elles espèrent en l'amour sans pouvoir croire à l'attachement. Un projet familial est trop tôt et l'on est déjà "en couple". Certaines qui connaissent un milieu familial stable, équilibré, rejettent (souvent temporairement) les valeurs familiales. C'est l'âge des risques des aventures qui aboutissent à une grossesse. Trop souvent elles s'entendent dire "qu'elles ne sont pas raisonnables... "
Elles souhaitent poursuivre leur grossesse dans la tranquillité, dans le calme, pouvoir rattraper les retards administratifs, se mettre à jour, être suivies par un médecin "rassurant, humain" qui les considère comme ses autres patientes. Elles ne veulent pas être questionnées, surtout pas ! Elles souhaitent que j'admette avant tout leur rythme ralenti par une accumulation de souffrances ou d'incertitudes, de blessures et de déceptions, de solitude et d'abandon... Que j'accepte leurs silences leurs pleurs , leurs révoltes, sans explication, sans que je connaisse leur histoire, sans que j'en comprenne les noeuds. Elles souhaitent que je sois là, simplement, témoin de leur souffrance et peut-être aussi de leurs espérances. Puis très vite, elles désirent parler, "vider leur coeur" : c'est peut-être là leur besoin intérieur le plus urgent. Quand le contact est établi, quand la confiance s'est installée, alors elles veulent se confier, être comprises, respectées. Il faut décharger le fardeau qui empêche de regarder l'avenir ou simplement de faire quelques pas pour avancer.
A partir du moment où on aura pu parler d'hier,
alors on pourra vivre aujourd'hui,
et construire "son demain" !
Monique Bourdais, Directrice de la Maison d'Accueil
Monique Bourdais, la directrice de la maison, a soutenu de nombreuses jeunes femmes. Accueillies physiquement ou non à la Maison, elles ont toutes été "accueillies" en étant écoutées, orientées et soutenues moralement.